On arrive dans une maison neuve ou fraîchement rénovée, on ouvre la GTL, et on tombe sur un coffret de communication minuscule avec un PTO coincé derrière des câbles Ethernet en vrac. La fibre arrive d’un côté, les prises RJ45 partent de l’autre, et la box n’a nulle part où se poser.
Ce scénario, on le croise sur à peu près tous les chantiers récents. Intégrer proprement fibre, RJ45 et VDI dans la GTL ne relève pas du luxe : c’est une question de conformité à la NF C 15-100 et de réseau domestique qui fonctionne réellement.
PTO, DTI et câbles réseau dans la GTL : ce qui coince sur le terrain
Le premier problème concret, c’est la place. Les coffrets de communication livrés en standard dans les constructions récentes sont souvent sous-dimensionnés. On se retrouve avec un boîtier de la largeur d’une main, censé accueillir un bandeau RJ45, le point de terminaison optique (PTO) et éventuellement un switch.
Le PTO est fréquemment installé au fond du coffret VDI, sans mou sur la fibre optique. Déplacer ce point d’arrivée de la fibre sans casser le câble demande de la prudence, car la fibre optique ne supporte ni coude serré ni traction. Si on prévoit de changer de coffret, il faut d’abord vérifier la longueur de fibre disponible à l’intérieur de la gaine.
Le DTI (dispositif de terminaison intérieure), lui, marque la limite entre le réseau de l’opérateur et l’installation privée. Dans une configuration fibre, c’est le DTIO qui prend ce rôle. PTO et DTIO doivent rester accessibles pour le technicien opérateur, pas enfouis derrière un switch et trois jarretières emmêlées.

Coffret de communication VDI : dimensionner pour la box et le switch
Le réflexe courant consiste à garder le petit coffret d’origine et à empiler le matériel dedans. On déconseille. Un coffret de type « VDI Box » (format 13 modules, deux rangées minimum) permet de loger la box internet directement dans la GTL, avec un switch en dessous et le bandeau de brassage RJ45 au-dessus.
Ce que le coffret doit pouvoir contenir
- Le bandeau de brassage avec autant de ports RJ45 que de prises murales dans le logement (la NF C 15-100 impose au minimum deux prises RJ45 dans les pièces principales et une par chambre).
- Un emplacement pour la box internet, avec une prise électrique dédiée à l’intérieur ou à proximité immédiate du coffret.
- Un switch Ethernet si la box ne dispose pas de suffisamment de ports pour alimenter toutes les prises RJ45 du logement.
La fixation du coffret dans la GTL dépend du rail ou du support utilisé. Sur une GTL de marque différente du coffret, quatre vis suffisent en général, mais on vérifie l’alignement avec le tableau de répartition électrique pour garder un ensemble propre.
Placer le coffret VDI en partie haute de la GTL facilite le passage des câbles réseau, qui descendent naturellement vers le tableau électrique situé plus bas. Les retours varient sur ce point selon la configuration de la gaine, mais la partie haute reste le choix le plus courant en neuf.
Câblage RJ45 et fibre optique : séparer les courants faibles dans la GTL
La GTL regroupe courants forts (tableau de répartition, disjoncteur d’abonné) et courants faibles (coffret de communication, fibre, réseau Ethernet). La NF C 15-100 révisée en 2024 (série de 21 textes publiée en août 2024, applicable en septembre 2025 pour les installations neuves) redéfinit la GTL et l’ETEL comme un volume intégrant explicitement le coffret de communication.
Sur le terrain, la séparation physique entre courants forts et courants faibles reste la règle pour éviter les perturbations électromagnétiques. En pratique, cela signifie :
- Faire cheminer les câbles Ethernet (catégorie 6 ou supérieure) à distance des câbles d’alimentation électrique, ou utiliser des gaines séparées.
- Ne pas faire passer un câble réseau Cat 6 dans la même gaine ICTA qu’un circuit d’éclairage ou de prises de courant.
- Raccorder chaque câble réseau au bandeau de brassage du coffret de communication d’un côté, et à la prise RJ45 murale de l’autre, en respectant le schéma de câblage T568A ou T568B de bout en bout.
Un câble réseau mal serti ou brassé selon deux normes différentes (T568A d’un côté, T568B de l’autre) produit un lien inutilisable. C’est l’erreur la plus fréquente en auto-installation.
Jarretières de brassage et raccordement de la box
Une fois le coffret équipé, le brassage consiste à relier chaque port du bandeau RJ45 à un port Ethernet de la box (ou du switch) avec une jarretière courte. On utilise des jarretières de catégorie identique au câble mural pour ne pas créer de goulet d’étranglement. Des jarretières trop longues qui s’entortillent dans le coffret, c’est exactement ce qu’on cherche à éviter.
Pour la fibre, le raccordement au PTO se fait par le technicien de l’opérateur. La box se branche sur le PTO via un câble fibre optique court fourni avec la box. Tout le signal Internet transite ensuite de la box vers le switch, puis vers les prises RJ45 du logement via le bandeau de brassage.

NF C 15-100 révisée 2024 : les obligations concrètes pour le coffret VDI
La révision de la NF C 15-100, publiée le 23 août 2024, impose pour les installations neuves ou totalement rénovées (à compter de septembre 2025) une composition minimale du coffret de communication. L’espace dédié dans la GTL doit être matérialisé, et le coffret doit permettre l’accueil d’équipements actifs comme la box et un switch.
La norme exige aussi la présence de deux prises de courant dans l’ETEL, ce qui règle le problème de l’alimentation de la box et du switch directement dans la GTL. Plus besoin de tirer une rallonge depuis une prise murale du couloir.
Le coffret de communication n’est plus un accessoire optionnel : il fait partie intégrante de l’installation électrique normée. En rénovation partielle, la norme en vigueur au moment de la construction initiale s’applique, mais mettre à niveau le coffret VDI reste un investissement cohérent si on tire de nouvelles lignes réseau.
Un réseau domestique fiable repose sur trois points : un coffret correctement dimensionné, un cheminement propre des câbles réseau loin des courants forts, et un brassage méthodique reliant chaque prise RJ45 à la box via le switch.
Tout le reste (grade du câblage, nombre de prises par pièce, choix du matériel) découle de ces fondamentaux. Mieux vaut passer du temps sur le plan de câblage avant de percer la première gaine que de reprendre un brassage approximatif une fois les cloisons fermées.

